08/11/09

et comment je fais moi, maintenant?



   Je fais une énième pause. Je n'ai pas envie de travailler aujourd'hui. J'ai mal à la tête et je me dis "vivement samedi prochain". C'est chaque fois la même chose. Le dimanche je suis censée travailler pour rattraper ce que je n'ai pas eu le courage de faire le samedi. Mais, bien souvent, je suis trop optimiste et je ne tiens pas le planning que j'ai rédigé le matin même.
   Mardi dernier, dans l'amphi, avant le cours de l'après-midi, un D1 s'est assis à côté de moi. Il voulait faire signer une pétition à tout l'amphi. J'ai ri. Il m'a dit "alors, ça se passe bien?" j'ai du faire une tête bizarre parce qu'il m'a demandé plus de détails et là, à cet inconnu, je lui ai dit que je n'aimais pas le prof de bio cellulaire, que j'étais totalement en retard sur les cours à apprendre et que, mince de mince, je n'y arriverai jamais. Il a laissé une pause et il m'a dit "tu sais, les moments où on en a marre, les moments durant lesquels on aimerait penser à tout sauf à médecine, ça arrive, tu vois, ce qu'il faut faire c'est décrocher totalement pendant un après-midi, tu vois tes amis et tu te crées une bulle anti-médecine" et là, il m'a fait sourire. Parce que je crois que je suis arrivée à un moment où. Je sature (un peu). Je ne suis pas du tout au point de l'abandon parce que médecin est la seule chose qui me vient à l'esprit quand je m'imagine avec un métier plus tard. Mais. J'en ai marre de ne plus avoir de vie sociale, que les gens me regardent comme de la concurrence, j'en ai assez de pleurer dans mon lit, le soir, de ne plus avoir la force de lire, d'écrire. De ne plus avoir la force de rien.
   Réellement, physiquement et psychologiquement, c'est une épreuve.
   Pendant mes pauses je fouille mon ordi, j'oublie le dossier "UVSQ" pendant quelques minutes et je vais dans celui "Images" puis "Amis" et je revis nos instants ensemble. Je suis tombée sur les photos de Pornichet (je ne dirai pas par hasard parce que je ne crois plus tellement en lui, ces temps-ci) et il y a eu cette photo de coucher de soleil, lorsque nous mangions sur la plage nos moules frites et que nous buvions du cidre tout en sympathisant avec les serveurs. Je. Je me suis souvenue de notre insouciance qui n'en était pas vraiment. Je me suis souvenue de la façon dont on disait "médecine" quand des inconnus nous demandaient, le long de la plage, ce que nous allions faire à la rentrée. C'est dingue, ça. Comme on peut idéaliser les choses avant de les vivre, comme on peut se dire que tout ce que les gens peuvent nous raconter ce sont des erreurs, des foutaises, comme on peut croire que ce ne sera pas pareil pour nous...
   Dreams are my reality, comme dirait l'autre. Tu parles. Si mes rêves étaient la réalité, j'aurais déjà vingt ans, vendredi je serais allée chercher mon stéthoscope, et je me serais pavanée avec dans les rues pour dire "ça y'est, je suis médecin, ça y'est, je suis ce que j'attends depuis le cm2, ça y'est, je suis moi"

06/11/09

I'm so excited ♫



Depuis ce matin, pendant les deux heures en amphi, les deux à la bibliothèque, l'unique au restaurant, et les autres à travailler, j'ai mal au dos. Je pourrais presque vous dire à quelle vertèbre. Je crois que c'est la dernière des lombales, juste avant le sacrum. Je ne suis pas sûre. Si j'avais une radio de mon dos, je pourrais compter les bosses de mon dos comme on nous a appris en cours de neuro anatomie et je pourrais certainement dire le numéro de la vertèbre qui me fait mal.
J'ai fait le ménage. Avant j'ai mis la musique bien forte. Et j'ai dansé en passant l'aspirateur. J'ai du chanter très faux, certainement et les voisins ont du m'entendre. Ceci fut ma pause de 18h42 et maintenant, croyez le ou non mais mon dos va beaucoup mieux.

edit du 07/11 : j'ai enfin reçu le fameux papier rose, la semaine dernière.
(et je crois que la tête que je fais sur la photo ci-dessous est celle qui ressemble le plus à celle que j'ai dans la vraie vie, parmi toutes celles que j'ai pu mettre en ligne auparavant, oué)


01/11/09



Il y a un an j'étais dans l'avion. Quelques heures plus tard, j'étais dans la rue dans laquelle un de mes tee-shirts a été fabriqué. Je me suis rendue compte de cela, la dernière fois, en suspendant ce haut dans la salle de bain. J'ai lu l'adresse espagnole, et j'ai reconnu les six lettres de cette rue que j'ai emprunté durant les trois jours là-bas.
Parfois la vie a un côté très surprenant (et pas seulement au sujet de lien entre vêtement et voyage, je vous assure).

28/10/09

"Ta mamie qui t'aime"

Aujourd'hui j'ai reçu une lettre de mamie. La troisième en un mois environ. Quand je la lis c'est comme si je ressentais des regrets dans ses mots. Je lis son écriture de femme qui n'est pas allée beaucoup à l'école et qui n'a certainement pas vécu la vie dont elle rêvait. C'est dur de dire cela mais ce n'est pas méchant, c'est conscient. Elle sait que je lis entre les lignes qu'elle m'envoie. Elle se doute que je comprends le sens caché de ce qu'elle m'écrit. Je déchiffre ses excuses. Comme si, presque dix ans après des événements, elle voulait se faire pardonner. Elle sait que maman a pansé ses blessures, à ce sujet, elle sait que maman a une nature de pardon, maman pardonne toujours tout à tout le monde. Mais je suis sûre que mamie, au plus profond d'elle, a peur que je ne sache la pardonner, que je ne sache pas oublier sa froideur, et même sa méchanceté. Alors que je ne demande que ça : oublier tout ce que je sais du mal qu'elle a pu faire. Et au fond de moi je la pardonne mamie, je l'excuse de ses sottises parce que, dans le fond, rien n'est grave, ce ne sont que des enfantillages. Voila, c'est ça, ma mamie est une grande enfant, qui commence tout juste à comprendre le mal que peuvent causer des bêtises.
Et, qui sait? Peut-être que, quand nous serons toutes les deux prêtes, nous nous reverrons, après toutes ces années.



23/10/09

A s'imploser de bonheur, à se fendre les joues d'interminables sourires



Je n'ai pas eu cours aujourd'hui et je suis revenue chez les parents jeudi soir. Fin août et début septembre quand on me disait "ah, tu vas habiter toute seule? mais tu ne rentreras pas le week-end?" je répondais que, au début, si, tout le mois de septembre, certainement.
Nous sommes fin octobre (à une semaine près, ne nous voilons pas la face) et. Je rentre tous les week-ends depuis plus d'un mois et je crois que je vais continuer comme ça. C'est bizarre. J'ai envie de mon indépendance, j'en ai besoin mais. Il y a ce sentiment, parfois, de vouloir avoir une vie commeavant. Comme quand je rentrais tous les soirs, comme quand on mangeait à trois ou à quatre des plats faits maison, comme quand on racontait chacun notre tour notre journée.
Un jour, avec Anne-Sophie, au téléphone, on s'est fait cette remarque "en fait, le plus dur à gérer dans médecine, c'est de ne pas avoir de vrais amis, de ne pas voir souvent les gens qu'on aime et qui nous manque" Et c'est vrai.
Demain, je vois les filles, demain on va parler de nos vies et ce sera comme l'année dernière quand on prenait un chocolat chaud le vendredi soir, après les cours ou alors quand on se voyait, tout simplement. Demain je vais reprendre mon souffle, je vais les revoir, les resserrer dans mes bras, je vais rire avec elles et ce sera forcément bien. On parlera de nos études respectives et on regrettera le temps des récrés de l'année dernière, durant lesquelles on avait assez de minutes pour se raconter des choses parfois sans intérêt alors que, maintenant, on fait le tri dans ce qu'on a à dire parce qu'on sait que ce sont des moments rares. 

18/10/09

Malade je suis.

Je me suis couchée très tard hier soir, très tôt ce matin. Je suis fatiguée. Et ma semaine risque d'être la pire que j'ai vécu depuis que je suis à la fac. Trois concours blancs dans la semaine, rien que d'y penser, ça me fatigue encore plus. J'essaie de calculer quand je trouverai du temps pour dormir, dans tout ça. Hier soir, on n'arrêtait pas de penser aux 7 et 8 janvier et à chaque fois on en revenait à la même conclusion : ce n'est plus dans longtemps. Et c'est vrai. Quand on y pense, même pas 3 mois, plus que 7 ou 8 semaines de cours. Ensuite viendront les révisions. Et c'est dingue comme d'un coup, tout s'accélère.



Et j'ai appris quelque chose. A propos de mon cousin, hématologue à Necker, dont je parlais l'autre jour. Je sais maintenant de source sûre que "je suis sa préférée". Et ça, c'est la classe.

14/10/09

Il faut que j'aille me coucher.

J'ai l'impression que les semaines passent de plus en plus vite. Lundi j'ai failli mourir de froid, en travaillant à mon bureau tout l'après-midi, mardi, je suis restée jusqu'à 18h30 dans l'amphi pour le concours blanc de physique, quand je suis revenue chez moi, le ciel était déjà bicolore. Aujourd'hui, mercredi, alors que je mangeai, mon cousin médecin m'a appelée et m'a scotché un grand sourire sur la figure avec ses paroles. Nous sommes bientôt jeudi, la journée qui passe vite. Et après le jeudi, c'est le vendredi, et je sais qu'en cours de biochimie, j'embêterai Matthieu et Alice en disant "eh, mais c'est bientôt le week-end" (je précise que je leur prononce déjà cette phrase depuis ce midi et c'est comme ça toutes les semaines). En disant ça, je me rends compte comme la monotonie peut emplir la vie. Je fais les mêmes choses toutes les semaines. Je vois les mêmes personnes, je ris aux mêmes choses, je pense aux mêmes souvenirs, je planifie les mêmes week-end. Ça peut paraître triste mais. ç a  m e  r a s s u r e



Tous les matins, depuis maintenant un mois et une semaine (et demi), je passe dans une rue mal éclairée. D'un côté il y a un lotissement en fin de construction et de l'autre il n'y a rien. Ou plutôt plein de choses. Des tas de graviers, de sable, de débris. Des morceaux de murs sur lesquels on voit encore la tapisserie. Et un vieux tourne disque, complètement défait, au milieu de pissenlits.